Histoire de l'Arcade sages-femmes

Dès 1940, la généralisation des accouchements en milieu hospitalier semble sonner le glas des accouchements à domicile et, avec eux, de l'activité des sages-femmes indépendantes.

De 1940 à 1970, à Genève, seules deux ou trois sages-femmes continuent de travailler au domicile des femmes.

En 1970, le mouvement des femmes parle de réappropriation du corps et dénonce la médicalisation de la naissance. S'ensuit une nouvelle vague de demandes d'accouchement à domicile. Des sages-femmes, issues elles aussi de ce mouvement, s'organisent pour mieux informer et servir les parents de la population genevoise.

A cette époque, l'assurance maladie ne rembourse pas systématiquement les visites à domicile effectuées par les sages-femmes. Cette situation perdurera jusqu'en 1987, date de la 1ère Convention entre les sages-femmes et les assureurs.

1978 voit naître le Dispensaire des femmes et la possibilité pour les femmes enceintes d'être accompagnées par la même sage-femme pendant la grossesse, l'accouchement à domicile parfois, et les suites de couches. Dans ce lieu de pratique alternative, sont également proposées des consultations de gynécologie, de planning familial et de pédiatrie. Le Dispensaire des femmes va poursuivre ses activités jusqu'en 1987.

En 1981, deux sages-femmes fondent le Centre de Préparation à la Naissance. Une chance pour les futurs parents.

En 1983, pour répondre à la demande de certaines femmes qui désirent accoucher à l'hôpital sans devoir y rester (6 jours à l'époque), un collectif de sages-femmes met sur pied un service d'"Assistance pré- et post-natale" (APN) et crée la première permanence téléphonique de sages-femmes en Suisse. Les sages-femmes répondent bénévolement aux questions des femmes 365 jours par an et gèrent aussi les demandes de visites à domicile issues des femmes elles-mêmes et de la Maternité. Le collectif reçoit une subvention de la Ville de Genève (CHF 25'000.-) pour ce service qui suffit à peine à couvrir les frais de fonctionnement.

Les sages-femmes membres de l'APN font l'expérience passionnante mais pas toujours facile de l'activité indépendante. Le recours aux sages-femmes indépendantes n'est pas encore entré dans les mœurs et les prestations des sages-femmes ne sont toujours pas prises en charge de manière systématique par les assurances.

En 1987, les sages-femmes de l'APN et la section genevoise de la Fédération Suisse des Sages-Femmes font aboutir une convention avec les caisses maladie. Les sages-femmes ont enfin un tarif qui fixe le prix de leurs prestations et les femmes assurées voient leurs consultations enfin remboursées.

1988 voit l'ouverture d'un cabinet de sages-femmes: le Cabinet de la rue Voltaire. Il représente la suite de l'expérience qui a fait ses preuves pendant 10 ans au Dispensaire des femmes.

En 1992 naît une nouvelle association de sages-femmes indépendantes, en plus de l'APN (Assistance pré- et post-natale): l'ASFAM (Association des sages-femmes à la maison). Les membres de cette association se distinguent des membres de l'APN par le fait qu'elles pratiquent aussi les consultations de grossesse physiologique et l'accouchement à domicile.

Durant cette même année, les deux associations APN et ASFAM se réunissent sous un même nom afin d'offrir un front commun pour entamer le dialogue avec les pouvoirs publics. Elles ont en effet le projet d'ouvrir des locaux. C'est ainsi que naît l'ASFAD (Association des sages-femmes à domicile).

En 1994, l'ASFAD ouvrira l'Arcade des sages-femmes dans le quartier de la Jonction. La réunion d'une grande partie des sages-femmes indépendantes genevoises en un seul lieu permet de mieux gérer les demandes de soins à domicile et le développement d'activités de prévention.

Depuis 1996, l'Arcade sages-femmes  reçoit une subvention de l'Etat pour ses prestations de santé publique (permanence téléphonique, accueil, groupes d'information et de soutien).

En 1998, l'Arcade entre en négociation avec la Maternité pour mettre sur pied un projet intitulé "Bien Naître", né sur l'impulsion de quelques usagères de l'Arcade réunies en Association. Ces usagères demandaient la possibilité d'accoucher à la Maternité avec la sage-femme indépendante qui les prendrait en charge pour la grossesse, la préparation à la naissance et le post-partum. Cette prestation est acceptée en septembre 1999.

De 1994 à 2015, voilà 21 ans que l'Arcade fonctionne à Genève. Les sages-femmes de l'Arcade sages-femmes ont toutes la préoccupation de "mettre les femmes au centre", ainsi que les enfants et les pères. Cela signifie qu'elles s'emploient à rendre les femmes aussi autonomes que possible en les aidant à définir ce qu'elles désirent en matière de suivi de la grossesse, de l'accouchement et du post-partum, et en les accompagnant autant que possible dans leurs choix. Elles tentent de travailler en utilisant au maximum les ressources des femmes. L'idée implicite est de restituer à la femme ce qui lui appartient: son pouvoir d'être mère.